Réunis du 17 au 19 septembre au Seen Ranhôtel de Bouaké, les représentants des administrations publiques, des forces de défense et de sécurité, des collectivités territoriales, du secteur privé, de la société civile et des experts ont procédé à l’examen et à la validation du Plan d’action de lutte contre la pollution des eaux (PALPE).
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet SECORCI 2, financé par l’Union européenne, qui vise notamment à promouvoir une exploitation minière artisanale et à petite échelle responsable et durable, tout en contribuant au renforcement de la gouvernance locale de la sécurité.
Le plan entend apporter une réponse coordonnée aux pressions exercées sur les ressources en eau, notamment par l’orpaillage illégal, les rejets polluants, l’ensablement des cours d’eau et la dégradation des berges. Ces phénomènes affectent la qualité de l’eau, les écosystèmes aquatiques et les conditions de vie des populations riveraines.
Six axes pour préserver les ressources en eau
Le PALPE s’articule autour de six axes stratégiques. Il prévoit l’identification des sources de pollution, la lutte contre l’exploitation minière illégale et les autres activités polluantes, ainsi que le renforcement de la coordination entre les institutions concernées.
Le document met également l’accent sur la surveillance régulière des ressources en eau, la sensibilisation et la formation des acteurs, ainsi que la restauration écologique des sites d’orpaillage et des berges dégradées.
Sa validation constitue une étape dans le processus engagé par le ministère des Eaux et Forêts et ses partenaires pour structurer les interventions et harmoniser les approches en matière de protection des ressources hydriques.

Jacques Assahoré appelle à des résultats concrets
Présidant la cérémonie de clôture, le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré, a salué la contribution des membres du Comité de lutte contre la pollution des eaux (CLPE) et de l’ensemble des parties prenantes à l’élaboration du document.
« Les conclusions qui viennent de nous être présentées témoignent de la qualité de votre engagement. Elles traduisent la volonté commune de dépasser les constats, de rapprocher les approches institutionnelles et de doter notre pays d’un cadre d’action cohérent face à la pollution de nos ressources en eau », a-t-il déclaré.
Le ministre a rappelé que le Code de l’eau de 2023 a instauré un cadre reposant sur la gestion intégrée des ressources en eau et la gestion par bassin versant. Il a également souligné que le CLPE a été créé par arrêté interministériel du 5 avril 2024, avec pour mission de proposer au gouvernement des mesures destinées à garantir la protection des ressources en eau.
Selon Jacques Assahoré, la validation du PALPE marque le passage d’un cadre de concertation à une feuille de route commune, appelée à être pilotée, suivie et évaluée.
Il a, à cet effet, invité les structures concernées à traduire les orientations du plan en résultats concrets, notamment à travers une meilleure connaissance et un contrôle accru des sources de pollution, le renforcement des dispositifs de surveillance et d’alerte, la coordination des interventions et la restauration des berges dégradées.
Le bassin de la Bagoué au cœur des préoccupations
Le processus d’élaboration du PALPE s’inscrit notamment dans la dynamique de suivi des ressources en eau du bassin versant de la Bagoué, dans le nord de la Côte d’Ivoire, particulièrement exposé à la pollution liée aux activités d’orpaillage illégal, à l’ensablement et à la dégradation des berges.
Le quatrième atelier de suivi des ressources en eau de la Bagoué, tenu le 12 mai 2026, avait permis de présenter une version provisoire du plan, de partager les résultats relatifs aux berges dégradées et d’examiner les modalités de mise en place de stations hydrologiques.
L’atelier de validation de septembre vient ainsi consolider les travaux antérieurs en établissant un document de référence pour la coordination et la mise en œuvre des actions de lutte contre la pollution des eaux à l’échelle nationale, notamment dans les zones affectées par l’orpaillage illégal.
Le ministre Jacques Assahoré a assuré que son département assumera sa mission de coordination et travaillera avec les membres du Comité et les partenaires à la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre du plan.
Il a enfin renouvelé la reconnaissance du gouvernement à l’Union européenne pour son appui financier au projet SECORCI 2, ainsi qu’à l’ONG Coginta pour son accompagnement et son expertise.
« Protéger l’eau, c’est protéger la vie », a conclu le ministre.
E.K et Demostaine