Issue du forum Invest in Bouaké, impulsé par le maire de la commune, Amadou Koné, cette réalisation s’intègre au septième pilier du programme municipal « Bouaké Nouveau », consacré à l’industrialisation et à la transformation locale des ressources agricoles.
La cérémonie a enregistré la présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment Kalil Ibrahim Konaté, ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, et Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières.

Une capacité industrielle au service de la transformation locale
Pour les autorités présentes, l’implantation de cette unité industrielle répond à la nécessité de transformer davantage les produits agricoles sur le territoire national, afin d’y retenir une part plus importante de la valeur ajoutée.
Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Ibrahim Konaté, a souligné l’importance de cet investissement dans la politique nationale d’industrialisation. Selon lui, les capacités de transformation du karité en Côte d’Ivoire devraient progresser grâce à la mise en service de cette infrastructure. « Aujourd’hui, avec l’installation de cette capacité et de cette usine, les capacités de transformation du karité vont se situer à peu près à 30 % pour s’établir, comme le disait le ministre Bruno, à 50 à 60 % dans les cinq prochaines années », a-t-il déclaré.
Le ministre a également relevé les difficultés auxquelles demeure confrontée la transformation des productions agricoles, notamment le déficit d’infrastructures industrielles et logistiques ainsi que les contraintes d’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises.
Dans cette perspective, il a estimé que l’usine de Kongodékro contribue à renforcer le positionnement de Bouaké comme pôle agro-industriel régional et à promouvoir les produits transformés localement.
450 emplois directs annoncés et un programme en faveur des femmes
Au-delà de sa dimension industrielle, le projet présente des perspectives économiques et sociales pour les populations de la région. Selon les annonces faites lors de la cérémonie, l’usine devrait générer 450 emplois directs, auxquels s’ajouteront les activités liées à la collecte, au transport, au stockage et à la commercialisation des matières premières.

Le ministre-maire de Bouaké, Amadou Koné, a notamment insisté sur les retombées attendues pour les jeunes, les producteurs de soja et les femmes collectrices de karité. « Beta, c’est concrètement 450 emplois directs pour la jeunesse de Bouaké, plus de 400 000 emplois indirects pour nos braves femmes, qui collectent le karité à Djébonoua, à Diabo, à Botro et pour nos producteurs de soja de toute la région de Gbêkê », a-t-il affirmé.
Pour accompagner les femmes intervenant dans la filière karité, l’entreprise prévoit, selon le maire, un programme destiné à 30 000 bénéficiaires réparties dans huit zones de production. Ce dispositif comprend notamment un mécanisme de préfinancement destiné à répondre à certains besoins urgents, dont la scolarisation des enfants et les dépenses de santé.
Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a également appelé à une meilleure rémunération des femmes collectrices, dont le travail constitue un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement. « Le moment est donc venu de faire du karité véritablement un levier économique à part entière, capable d’assurer des revenus décents, des revenus durables à nos mères, à nos sœurs, à nos filles qui vivent de cette filière », a-t-il soutenu.
Il a, par ailleurs, salué le programme de l’entreprise prévoyant l’achat direct d’environ 20 % des matières premières auprès des groupements de femmes collectrices, tout en encourageant le développement de partenariats durables avec les coopératives féminines.

Un investissement inscrit dans la dynamique du « Made in Côte d’Ivoire »
En réunissant les filières karité et soja au sein d’une même infrastructure, Beta Verg Oil entend participer à la diversification du tissu industriel national et à la valorisation des productions agricoles locales.
L’entreprise affiche également une ambition environnementale, avec le projet de faire de cette unité une installation d’extraction par solvant à empreinte carbone neutre, selon les déclarations faites lors de la cérémonie.
Le projet a été réalisé en douze mois, conformément au calendrier annoncé, grâce notamment à la mobilisation des acteurs locaux autour de l’investissement industriel.
À Kongodékro, l’inauguration de cette unité ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour les filières karité et soja dans le Gbêkê.
E.K