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a Coordination des Associations des Personnes en Situation de Handicap dans la Vallée du Bandama (CAPH-VB) a organisé, mercredi 9 septembre 2026 à la préfecture de région de Gbêkê, à Bouaké, son troisième atelier de dialogue communautaire. Les échanges ont porté sur la participation des personnes en situation de handicap aux décisions des collectivités locales.
Une rencontre destinée à identifier les obstacles à leur implication et à formuler des recommandations en faveur d’une gouvernance locale plus inclusive.
Réunis autour du thème « Participation des Personnes en Situation de Handicap aux Décisions des Collectivités Locales », les participants ont notamment échangé sur le budget participatif, la gouvernance budgétaire, ainsi que sur la participation des personnes handicapées aux différentes instances de décision, notamment les conseils municipaux et régionaux. Les processus électoraux, qu’ils soient municipaux, régionaux ou présidentiels, ont également été abordés.
Lever les obstacles à la participation
Pour la CAPH-VB, l’objectif de cette rencontre était d’identifier les difficultés qui limitent encore la participation effective des personnes en situation de handicap à la gouvernance locale, mais aussi de rechercher collectivement des solutions adaptées.
« Quand on prend la participation des personnes handicapées dans la décision des collectivités locales, on a constaté que très peu de personnes en situation de handicap étaient consultées au niveau du conseil municipal et du conseil régional », a expliqué Coulibaly Daouda, président de la CAPH-VB.
Selon lui, la présence des personnes en situation de handicap dans les espaces de décision est essentielle, notamment lorsqu’il s’agit de définir les politiques et les programmes qui concernent directement le développement de la ville.
Le responsable de la CAPH-VB a toutefois relevé des évolutions dans la prise en compte de cette participation. Il a notamment cité la récente invitation de représentants des personnes handicapées à une réunion du conseil municipal, ainsi que leur implication dans certaines activités du Conseil régional.
« Donc pour nous, c'est déjà une avancée pour nous, et je pense que ça donne de bon lieur pour dire que, véritablement, Bouaké pourra compter sur les personnes en situation d'handicap », a-t-il déclaré.
Des avancées saluées par le CRASC-Centre
Cette dynamique a également été saluée par Diaby Adama, PCA du Centre Régional qui Appuie à la Société Civile Centre (CRASC-Centre). Pour lui, le cadre juridique ivoirien prévoit déjà des dispositions relatives à la participation des personnes en situation de handicap, mais leur application demeure encore insuffisante.
« Il faut souligner déjà qu'en Côte d'Ivoire, […] Ces lois sont là, mais malheureusement, l'application effective sur le terrain n'est pas encore une réalité », a-t-il souligné.
Il a ainsi appelé à une meilleure prise en compte de la parole des personnes handicapées dans les processus de décision. Diaby Adama a par ailleurs estimé que les démarches entreprises par la CAPH-VB constituent une avancée importante. Il a notamment relevé la présence de représentants des autorités administratives et politiques lors des différents ateliers du projet.
« Souvent, on est là, on prend les personnes en situation de handicap, quand il y a des manifestations pour venir faire des représentations, des alibis pour dire que les personnes en situation de handicap étaient là, ils ont participé, mais ils ont participé comment ? Ont-ils la parole ? Leurs voix ont-ils porté ? Est-ce que les recommandations faites par les personnes en situation de handicap ont été prises en compte ? Plusieurs fois c'est non », a-t-il fait observer.
Droits humains et non-discrimination au cœur des échanges
Méïté Hassane, officier des droits de l’homme du CNDH dans la région de Gbêkê, a animé une communication consacrée aux droits des personnes en situation de handicap dans les processus de décision locale. Dans son intervention, il visait notamment à montrer comment l’absence d’accessibilité et de participation peut constituer un frein à l’exercice de plusieurs droits.
Pour le représentant du CNDH, les collectivités locales doivent davantage intégrer les personnes en situation de handicap dans la conception et la mise en œuvre des décisions et programmes de développement.
« Aujourd'hui, c'est de garantir la non-discrimination et l'égalité. Donc, en partant de là, il va falloir que ces collectivités-là puissent trouver le moyen d'à chaque fois impliquer ces personnes en situation de handicap dans la création, dans la mise en œuvre des décisions ou des programmes au niveau local », a-t-il insisté.
La mairie disposée à examiner les préoccupations
Représentant la mairie de Bouaké, Amani Jean Roche s’est dit satisfait de la démarche engagée par la CAPH-VB et de la place accordée aux collectivités locales dans les discussions.
« Nous sommes vraiment satisfaits que vous faites référence à la mairie dans les différentes actions. Et toutes les actions qui ont été prises, nous allons voir dans quelle mesure nous pouvons remédier à cela et aider les personnes en situation de handicap », a-t-il déclaré.
Il a notamment évoqué les questions liées à l’amélioration des conditions de vie publique et à l’accessibilité des infrastructures, notamment les marches et autres aménagements.
Vers une gouvernance locale plus inclusive
À travers ce troisième dialogue communautaire, la CAPH-VB souhaite renforcer durablement la présence des personnes en situation de handicap dans les mécanismes de gouvernance locale. L’ambition porte notamment sur leur participation aux conseils municipaux et régionaux, aux commissions spécialisées, aux budgets participatifs, aux consultations publiques et aux processus électoraux.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’inclusion des Personnes Handicapées à Bouaké (PIPHB), soutenu par le consortium Save the Children, Social Justice et le CERAP, avec le financement de l’Union Européenne, dans le cadre du projet PASCI.
Après trois ateliers consacrés au dialogue et au plaidoyer, les acteurs engagés dans cette dynamique devraient se retrouver en octobre prochain pour le quatrième et dernier atelier de dialogue communautaire du projet.
Démostaine est Journaliste Reporter Images (JRI). Avec plusieurs années d’expériences dans le domaine de la communication et des médias, il s’engage à fournir une information fiable, vérifiée et accessible à tous.
Passionné par l’écriture et le reportage de terrain, Démostaine a collaboré à divers projets.
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