Issues du Projet d’inclusion des personnes en situation de handicap à Bouaké (PIPHB), ces propositions visent à répondre aux difficultés rencontrées par cette catégorie de la population dans l’accès aux services publics, à l’emploi, aux infrastructures et aux instances de décision des collectivités locales.
Présentée à l’occasion d’une conférence de presse, la déclaration interpelle les autorités administratives, les collectivités territoriales et l’ensemble des acteurs concernés sur la nécessité de prendre en compte les préoccupations exprimées par les personnes en situation de handicap et de donner une suite concrète aux recommandations formulées.

Onze thématiques au cœur des recommandations
Les 57 recommandations retenues portent sur onze thématiques, notamment l’état civil, la santé, l’éducation, les services de la mairie et du conseil régional, la voirie, l’accessibilité des bâtiments, les moyens de mobilité, le transport, la participation au processus électoral et la gouvernance budgétaire.
Elles sont issues de quatre dialogues communautaires organisés entre juillet et septembre 2026. Ces rencontres ont permis aux organisations de personnes en situation de handicap, aux autorités et aux autres parties prenantes d’échanger sur les obstacles à l’inclusion et d’identifier des pistes d’amélioration.
Selon le président de la CAPH-VB, Coulibaly Daouda, les recommandations ont été examinées, reformulées et assorties d’échéances à court, moyen et long terme, avec une identification des responsabilités pour faciliter leur application.
L’objectif est de favoriser une meilleure prise en compte des besoins des personnes en situation de handicap dans les politiques publiques et la gouvernance locale.
Un appel à l’engagement des autorités
Pour la CAPH-VB, l’adoption de recommandations ne saurait suffire sans une volonté effective de les appliquer. Son président s’est dit confiant quant à l’engagement des autorités, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre les efforts en faveur d’une inclusion réelle.
« Si véritablement, ce truc est mis en place, on pourra, parce qu’ils ont toujours apporté ce qu’ils pouvaient apporter aux personnes en situation de handicap, on pense qu’ils peuvent plus apporter à travers ces 57 recommandations », a déclaré Coulibaly Daouda.

La Commission régionale des droits de l’homme (CRDH) de Gbêkê a également apporté son soutien à cette démarche. Sa présidente, Me Carine Keffa, a insisté sur la responsabilité collective dans la mise en œuvre des propositions.
« À tous les acteurs que nous sommes, nous demandons l’implication, demandons la mise en œuvre effective de toutes ces déclarations qui ont été lues, de toutes ces recommandations qui ont été soumises, qui ont été élaborées par les personnes en situation de handicap de la région de Gbêkê pour leur prise en compte », a-t-elle souligné.
Elle a par ailleurs réaffirmé la disponibilité de la commission à accompagner cette initiative et à porter les préoccupations exprimées au niveau national.
De la déclaration à l’action
Mis en œuvre du 15 avril au 15 octobre 2026 dans le cadre du Projet d’appui à la société civile (PASCI), avec le financement de l’Union européenne et l’appui du consortium Save the Children, CERAP et Social Justice, le PIPHB entend contribuer à une meilleure inclusion des personnes en situation de handicap dans la vie locale.
Au terme de ce processus, la CAPH-VB mise sur l’engagement des autorités et des institutions concernées pour donner une portée concrète aux recommandations formulées.
Le défi reste désormais de transformer ces propositions en mesures effectives, afin que l’accès aux services publics, la mobilité, l’emploi et la participation citoyenne deviennent davantage accessibles aux personnes en situation de handicap à Bouaké et dans le Gbêkê.
E.K