Portée par l’ONG Handi Senso Plus, cette initiative était placée sous le thème mondial « Déclaration des droits humains des personnes sourdes ». Elle a mis l’accent sur la promotion des droits, l’inclusion sociale et la reconnaissance de la langue des signes. L’objectif affiché est de promouvoir les droits des personnes en situation de handicap dans les différentes sphères de la société, avec une attention particulière aux personnes sourdes confrontées notamment aux difficultés de communication.

La langue des signes, un levier d’inclusion
Pour la présidente fondatrice de Handi Senso Plus, Ledjou Rosine, la promotion de la langue des signes constitue un enjeu majeur pour permettre aux personnes sourdes d’accéder à l’éducation, à l’emploi et aux autres services de la société. « La personne sourde, étant donné que sa langue est la langue des signes, si cette langue n'est pas promue, c'est sûr que la personne sourde sera toujours derrière et ne pourra pas avoir accès à tout ce qui se passe au-dessus de nous », a-t-elle déclaré. L’ONG entend ainsi contribuer à faire connaître davantage cette langue et à encourager son apprentissage afin de favoriser les échanges entre personnes sourdes et entendantes.
La question de la reconnaissance des droits a également occupé une place importante dans les échanges. Selon Ledjou Rosine, « la reconnaissance de la langue des signes est un droit humain », au même titre que le droit à l’éducation et à un emploi décent.
Le CEFAS-Bouaké au centre de l’édition
Cette année, Handi Senso Plus a accordé une attention particulière au Centre d’Éducation, de Formation et d’Alphabétisation pour Sourds de Bouaké (CEFAS-Bouaké). Créé par des personnes en situation de handicap, le centre vise à offrir une opportunité d’éducation et de formation aux jeunes et adultes sourds qui n’ont pas pu être scolarisés ou qui ont interrompu leur parcours faute de moyens.
L’ONG a toutefois relevé plusieurs besoins, notamment en matière de locaux et de moyens pour développer des ateliers de formation, particulièrement dans des domaines comme la pâtisserie et la décoration. Handi Senso Plus appelle ainsi les autorités, les chefs d’entreprise et les autres partenaires à soutenir la formation et l’autonomisation des jeunes sourds.

Une semaine d’activités autour de l’inclusion
La célébration a été ponctuée par plusieurs activités : formation en langue des signes destinée aux étudiants et agents de santé, panels de sensibilisation et d’échanges, journée sportive pour l’inclusion et la cohésion sociale, ainsi que conférences et remise de diplômes à 14 apprenantes sourdes à la lecture et à l'écriture.
Les jeunes sourds ont également participé à une journée de salubrité autour de leur centre, une activité destinée à rappeler leur rôle de citoyens à part entière. Une conférence organisée dans le milieu universitaire a, pour sa part, porté sur les droits des personnes en situation de handicap et la Convention relative aux droits des personnes handicapées.
Le volet sportif a été marqué par une marche de sensibilisation, une séance de fitness et un tournoi de maracana placé sous le signe de l’inclusion et de la cohésion sociale. Plusieurs équipes, dont celle des jeunes sourds, des jeunes de N’Gattakro, des jeunes communaux, ainsi que des représentants de différentes structures, ont pris part à cette activité.
Des défis encore persistants
Pour Carine Keffa, présidente régionale du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), a évoqué les principes de non-discrimination, de respect de la dignité, de participation et d’accessibilité contenus dans la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Elle a notamment insisté sur la nécessité de prendre en compte les avis des personnes handicapées dans les projets des administrations et des collectivités locales. La présidente régionale du CNDH a également souligné que, malgré l’existence du cadre légal, des défis demeurent dans l’accès aux droits et à l’inclusion.
De son côté, le président de l’Union des Organisations faîtières de Personnes Handicapées de Côte d’Ivoire (UNOPH-CI), Dogo Raphaël, a salué l’initiative de Handi Senso Plus et appelé au soutien des actions en faveur des personnes sourdes. Il a également évoqué les avancées enregistrées, selon lui, dans le recrutement dérogatoire de personnes handicapées, tout en estimant que des améliorations restent nécessaires.

Vers une meilleure coordination dans le Gbêkê
Au-delà de la célébration, l’UNOPH-CI entend renforcer son action dans la région. Dogo Raphaël a annoncé le renforcement prochain de la coordination régionale des personnes handicapées, avec l’objectif de fédérer les structures associatives du Gbêkê, de Katiola, de Béoumi et de Sakassou autour de l’identification des personnes handicapées et du renforcement de leurs capacités.
Il faut noter que la cérémonie officielle s’est achevée autour d’un panel consacré aux droits des personnes en situation de handicap, avec notamment la participation de Coulibaly Daouda, président de la CAPH-VB, de Carine Keffa, de Pasteur Clombessi Innocent, aumônier national des personnes en situation de handicap de CMA-CI, et de Ledjou Rosine, présidente fondatrice de Handi Senso Plus.
Demostaine et E.K