attendue du 28 avril a 2 mai 2026 au Parc des expositions d’Abidjan.
Longtemps ancré exclusivement à Abidjan depuis sa création en 1999, le SILA amorce aujourd’hui un virage stratégique : celui de la proximité. À travers le concept de « ville hôte », les organisateurs entendent désormais irriguer les régions et démocratiser l’accès au livre. Une orientation assumée par le commissaire général, Anges Félix N’Dakpri, pour qui l’étape de Bouaké constitue un jalon important dans cette ambition nationale.
« il fallait donner la possibilité aux autres populations ivoiriennes, […] de vivre aussi ces instants. », a-t-il déclaré.

Lire pour bâtir : un enjeu de société
Placée sous le thème « Lire pour bâtir : l’importance de l’écriture », cette édition met en lumière la fonction structurante du livre dans l’édification des sociétés. À Bouaké, panels, échanges et témoignages ont rythmé la journée, avec un accent particulier sur la jeunesse et la formation citoyenne.
Le panel « Bâtir des consciences : l’écrivain, architecte des sociétés » a cristallisé les attentions, en questionnant le rôle de l’écrivain dans un monde marqué par la montée du numérique et de l’intelligence artificielle.
Prenant la parole, Kouakou Marcelin, représentant de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire (AECI) à Bouaké, a rappelé la responsabilité sociale de l’écrivain. Pour lui, l’écriture demeure un levier essentiel de construction des esprits et de consolidation du sens critique. S’il reconnaît les mutations technologiques en cours, il n’en demeure pas moins attaché à la primauté du livre physique, qu’il considère comme un pilier de l’apprentissage et de la transmission.

Des innovations pour rapprocher le livre des populations
Cette 16e édition du SILA s’annonce particulièrement riche, entre renforcement des capacités des professionnels du livre, rencontres internationales et activités grand public telles que le slam, le scrabble ou encore la dictée.
Parmi les innovations majeures, figure l’installation d’« espaces éphémères de lecture » dans des lieux publics à Abidjan et Bouaké, pensés comme des parenthèses culturelles accessibles à tous.
« L’innovation majeure de cette année réside dans la mise en place d’espaces éphémères de lecture […] pour permettre à chacun, dans les lieux publics, de marquer une pause et de lire quelques minutes », a expliqué le commissaire-général, Anges Félix N’Dakpri.
Des dispositifs simples, mais porteurs d’une ambition claire : ancrer la lecture dans les habitudes quotidiennes.

Bouaké, pôle culturel affirmé
Au-delà de l’événement, Bouaké confirme son statut de carrefour culturel et de ville de résilience. Les autorités locales n’ont pas manqué de saluer cette reconnaissance, à travers le choix porté sur la ville comme hôte de cette étape.
Représentant le maire, le premier adjoint Paul Dakuyo a insisté sur le rôle fondamental de la lecture dans la formation des citoyens et la construction d’un capital humain solide.
« La transmission du savoir doit se faire de génération en génération. Cela est possible grâce à la lecture. En effet, elle nous permet de nous construire et de mieux connaître notre histoire. Elle contribue également à bâtir un capital humain bien formé, capable de relever les défis futurs. J’exhorte donc toutes les populations, notamment les apprenants, à s’intéresser davantage au livre pour améliorer leurs résultats scolaires », a-t-il déclaré.
À travers cette étape à Bouaké, le SILA confirme sa volonté de faire du livre un levier de transformation sociale, en rapprochant la lecture des populations et en redonnant à l’écrit toute sa place dans la construction des citoyens de demain.
Démostaine D.