Nigeria–AES : le C-130 au cœur d’un malentendu diplomatique
A buja assure qu’un problème technique est à l’origine de l’atterrissage d’urgence de son C-130 à Bobo-Dioulasso, alors que l’AES dénonce une intrusion non autorisée dans son espace aérien.
Le Nigeria a apporté, le 9 décembre, des précisions sur les circonstances de l’atterrissage d’urgence de l’un de ses avions militaires C-130 à Bobo-Dioulasso. La veille, la Confédération des États du Sahel (AES) avait accusé Abuja d'avoir violé son espace aérien, provoquant un début de tension diplomatique.
Selon l’armée de l’air nigériane, l’appareil transportant deux membres d’équipage et neuf militaires effectuait un vol de convoyage en direction du Portugal lorsqu’un incident technique a été détecté peu après son décollage de Lagos. L’équipage a alors appliqué les procédures de sécurité internationales en se posant sur l’aérodrome le plus proche. Aucun blessé n’a été signalé.
La version officielle d’Abuja et La riposte ferme de l’AES
Dans un communiqué, le directeur des relations publiques de l’état-major de l’armée de l’air nigériane affirme que l’atterrissage de précaution a été exécuté « conformément aux normes de sécurité et au protocole aéronautique international ». Il ajoute que les militaires ont été accueillis avec courtoisie par les autorités burkinabè, et que l’appareil poursuivra sa mission dès que son état aura été jugé satisfaisant.
Quelques heures plus tôt, à la télévision publique burkinabè, l’AES dénonçait un « acte inamical ». Le ministre burkinabè de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, lisant un communiqué attribué au président en exercice du bloc sahélien, le général Assimi Goïta, affirmait que l’avion s’était posé sans aucune autorisation préalable.
L’AES a rappelé que toute violation de son espace confédéral pourrait entraîner une neutralisation de l’appareil, conformément aux directives adoptées en décembre 2024. Les systèmes de défense ont été placés en état d’alerte maximale.
Un incident sur fond de tensions régionales
Cet épisode intervient alors que des avions militaires nigérians ont été déployés au Bénin à la demande du gouvernement béninois et dans le cadre des mécanismes de la CEDEAO pour contrer la tentative de putsch du 7 décembre. Un contexte déjà explosif, auquel ce malentendu aérien ajoute une nouvelle couche de crispation.
Entre nécessités opérationnelles et méfiances politiques, l’affaire du C-130 illustre la fragilité du climat sécuritaire ouest-africain. Reste à savoir si les explications techniques suffiront à dissiper les nuages entre Abuja et l’AES.
K. Alphonse
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